Autors i Autores

Jordi-Pere Cerdà
1920-2011

Comentaris d'obra

Le 11 septembre est mort à Perpignan un des grands noms de la littérature catalane des cinquante dernières années, Jordi Pere Cerdà, poète avant tout mais aussi auteur de théâtre, narrateur, romancier, mémorialiste et essayiste. Il n'est pas facile de mettre en perspective l'ensemble de son oeuvre –elle est trop proche de nous, elle nous domine trop–, mais pour peu de distance que l'on se donne n se rendra compte que l'on se trouve devant une des montagnes les plus importantes de notre littérature. Montage qui plus est, couronnée par trois sommets les plus élevés, les plus escarpés qu'on n'ait jamais connu: Dietari de l'alba (Columna, 1987), Quatre dones i el sol (Lumen, 1993) et Passos estrets per terres altes (Columna, 1999). N'importe laquelle de ces oeuvres suffirait à faire de lui un gran poète, un gran auteur de théâtre, un grand romancier.

Bien sûr, malgré l'audace qu'il y a à mettre des titres au-dessus des autres, n'oublions pas que nous sommes devant une oeuvre créée avec une forte vision d'ensemble et doncs qu'elle se livre à nous comme un tout où chaque partie est totalement à rattacher à l'ensemble. C'est ainsi que nous pouvons dire que chaque titre éclaire les autres, bien audelà du genre qu'il représente. Il fait ainsi partie d'un monde: le monde cerdan. Spacieux, ouvert et fermé, lumineux et en même temps dans l'ombre, doux, sauvage, âpre et tendre, toujours égal et en même temps différent de lui-même, en même temps local et universel dans son propos.

On avait l'impression qu'il recueillait une voix profonde et lointaine pour se projeter au loin: tout qu'il fait portait l'empreinte indélébile d'une langue qu'il a toujours considéré comme son trésor le plus cher. Un trésor découvert et qu'il fallait partager: la langue des siens, de ce territoire frontalier où arrivent et se cristallisent des archaïsmes, des dialectalismes, des barbarismes, occitanismes et autres néologismes, le tout pétri avec une intuition qui faisait de chaque écrit une sculpture verbale d'une plasticité et d'une puissance expressive hallucinantes.

Utilisant cet instrument accordé d'une façon spéciale, son imagination duelle faisait le reste: d'un côté une pensée des plus concrètes, une sagesse terrienne qui lui faisait ressentir ue profonde empathie pour son monde de la haute montagne; de l'autre, une pensée abstraite grâce à laquelle il arrivait à projeter son monde si "tranquillemenet concret et minéral" vers des accents d'une lyrisme presque cosmique. Transcendant, mythique, religieux. Quoi qu'il en soit, sa voix était comme ces fontaines bouillonnantes que nous ne rencontrons que fort peu souvent dans notre périple intellectuel. L'avoir connu et avoir été un des ses amis a été un des plus beaux cadeaux que la vie m'ait fait.

(Àlex Susanna: "Jordi Père Cerdà, un univers à lui tout seul", Le Travailleur Catalan, desembre de 2011, p. 14)
 

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Jordi Pere Cerdà (Sallagosa, 1920) és un primera espasa de la nostra literatura, editat i premiat a bastament, sí, però en el fons encara insuficientment conegut i valorat pels crítics i lectors del nostre país. Pocs deuen ser els escriptors que han guanyat dos cops el Premi Nacional de literatura –el 1989, ex aequo amb Pere Gimferrer, per la seva Poesia Completa, i el 1999 per la novel·la Passos estrets per terres altes–, ultra el Premi d'Honor de les Lletres Catalanes el 1995, però tot i això encara som pocs a valorar-lo com el que realment és: una de les figures més complexes i apassionants de la literatura catalana contemporània i, més en concret, un extraordinari poeta, narrador memorialista i dramaturg. Diguem que en el paisatge de la nostra literatura, el conjunt de la seva obra s'alça vigorós i solitari com una carena fistonejada d'uns quants cims alterosos i alhora acollents.

(Àlex Susanna: "A les envistes de Jordi Pere Cerdà", Avui (Barcelona), dijous, 23 de setembre del 2004, p. 19)
 

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Jordi-Pere Cerdà (Sallagosa, 1920) és, dins el panorama literari nord-català, un dels autors vivents de més gran qualitat literària. La seva poesia, humil i innocent -i per això mateix transcendent-, parteix de l'arrelament a la terra, element que el vincula a la col·lectivitat i que nodreix, alhora, un univers de lirisme intimista d'exquisides imatges. [...] 

La conversa amb Jordi-Pere Cerdà, com la seva poesia, omple de ressons atàvics. La senzillesa, fins i tot l'austeritat de la paraula -"la llengua és com un tros de ferro, que movem a cops de martell", ens diu- retornen a les coses el seu nom. Una certa primitivitat sembla esborrar l'artifici excessiu. Això connecta el poeta amb la terra, amb l'home, en un exercici de recerca constant. Amb Jordi-Pere Cerdà, el filòsof i el poeta, descobrim -o redescobrim- un univers que ressona en la nostra pregona intimitat. Hem participat, en tant que lectors i receptors, de la seva autenticitat poètica. 

(Marta Nadal: "Jordi-Pere Cerdà, un cantant del Nord", Serra d'Or, núm. 351, febrer de 1989)